Sadio Mané et le pari d’une nouvelle dynamique agricole en Casamance ?

De la pelouse aux terres agricoles, Sadio Mané pourrait ouvrir un nouveau chapitre de son engagement économique au Sénégal

L’agriculture occupe une place stratégique dans l’économie sénégalaise. Elle représente une source majeure de revenus et d’emplois, notamment dans les territoires ruraux, mais le pays reste confronté à un défi de taille : renforcer sa sécurité alimentaire et construire une véritable souveraineté alimentaire.

Malgré son important potentiel agricole, le Sénégal demeure dépendant des importations pour couvrir une partie de ses besoins. Cette situation s’explique notamment par les difficultés d’accès aux financements et aux intrants, la dépendance aux conditions climatiques, les pertes post-récolte, l’insuffisance des infrastructures de stockage et de transformation, ainsi que les difficultés d’accès aux marchés.

L’enjeu n’est donc plus seulement de produire davantage, mais de produire, transformer, stocker et distribuer davantage de produits issus des filières locales. Autrement dit : créer de la valeur au Sénégal et la conserver le plus possible sur le territoire.

C’est dans ce contexte que le projet de Parc Agro-Industriel de Bambaly, porté par Sadio Mané à travers sa marque SM10 Agro, mérite une attention particulière.

Selon les informations communiquées, le projet serait implanté sur plus de 500 hectares dans la zone de Boudhié Mar, à environ 5 km de Bambaly, avec une capacité de production annoncée de 50 000 tonnes par an et la perspective de créer environ 2 500 emplois directs, notamment pour les jeunes de la région.

Quelques images du projet présenté

Des experts, dont le groupe Confluence, ainsi que les autorités, seraient déjà mobilisés pour les études du terrain, en perspective d’une cérémonie de pose de la première pierre annoncée pour le mois de septembre.

Plus qu’un projet agricole, un projet de chaîne de valeur

L’intérêt d’un tel investissement réside surtout dans sa dimension agro-industrielle.

La production de fruits ne constitue qu’un premier maillon. La véritable création de valeur se situe également dans la transformation, le conditionnement, le stockage, la logistique, la commercialisation et, à terme, l’accès aux marchés régionaux et internationaux.

Pour la Casamance, territoire disposant d’importantes potentialités agricoles, un tel projet pourrait contribuer à structurer davantage les filières, réduire certaines pertes post-récolte, créer des emplois et offrir de nouveaux débouchés aux producteurs.

Mais les défis seront nombreux : accès à l’eau et à l’énergie, infrastructures routières et logistiques, formation de la main-d’œuvre, financement, maîtrise des technologies de transformation, accès aux marchés et adaptation au changement climatique.

Un autre enjeu sera essentiel : l’articulation avec les producteurs locaux et l’agriculture familiale. La réussite d’un grand projet agro-industriel ne devrait pas seulement se mesurer au nombre d’hectares exploités ou d’emplois créés, mais aussi à sa capacité à faire émerger tout un écosystème de fournisseurs, producteurs, transporteurs, transformateurs et distributeurs locaux.

L’avis de Sen Retail

À Sen Retail, nous considérons ce type d’initiative comme une évolution particulièrement encourageante pour l’économie sénégalaise.

Nous encourageons Sadio Mané et l’ensemble des acteurs impliqués dans ce projet à poursuivre cette ambition, tout en veillant à inscrire l’investissement dans une démarche de développement durable, d’inclusion des producteurs locaux et de création de valeur territoriale.

La souveraineté alimentaire ne se construira pas uniquement avec des discours. Elle nécessitera des investissements, des infrastructures, des compétences, des entreprises capables de transformer nos productions et des partenariats solides entre producteurs, industriels, distributeurs et pouvoirs publics.

Le projet de Bambaly pourrait, à ce titre, constituer une expérience intéressante à suivre et à analyser.

De la performance sportive à l’investissement productif, notre “Nanthio National” semble désormais vouloir investir un autre terrain : celui de la terre.

Nous suivrons avec attention l’évolution de ce projet et ses retombées pour Bambaly, Sédhiou et la Casamance, avec une conviction : l’agriculture sénégalaise ne doit plus seulement nourrir nos populations ; elle doit aussi créer de la valeur, des emplois et des opportunités pour notre jeunesse.

Encourager l’investissement privé dans l’agriculture, c’est aussi encourager le Sénégal à produire, transformer et consommer davantage ce qu’il sait faire.


L’équipe Sen Retail


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