Le Sénégal accélère ses investissements pour réduire les pertes post-récolte

En Afrique, près d’un tiers des productions agricoles est perdu avant même d’arriver sur les marchés. Les principales causes sont bien connues : insuffisance des infrastructures de stockage, faibles capacités de conservation, rupture de la chaîne du froid et difficultés de transport. Ces pertes post-récolte fragilisent les revenus des producteurs, réduisent la disponibilité des produits alimentaires et contribuent à la hausse des prix pour les consommateurs.

Au Sénégal, où l’agriculture, l’horticulture, la pêche et l’élevage occupent une place stratégique dans l’économie, le développement de la chaîne du froid est devenu un enjeu majeur.

Au-delà de la réduction du gaspillage alimentaire, il s’agit d’améliorer la qualité des produits, de sécuriser les approvisionnements de la grande distribution, de renforcer la compétitivité des entreprises agroalimentaires et de soutenir les ambitions du pays en matière de souveraineté alimentaire.

C’est dans cette dynamique que la Directrice de Cabinet du Ministère de l’Industrie et du Commerce a présidé, le 16 juillet 2026 à Diamniadio, la cérémonie de pose de la première pierre du futur entrepôt logistique frigorifique d’IFRIA Sénégal.La cérémonie a réuni plusieurs personnalités, parmi lesquelles Mme Christina Chappelle, Chargée d’affaires de l’Ambassade des États-Unis au Sénégal, le Directeur général de l’APROSI, le Directeur du Redéploiement industriel, ainsi que des représentants du Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, de la DGPU, de l’APIX et de nombreuses autres institutions.

Ce projet s’inscrit dans la nouvelle politique industrielle et commerciale du Sénégal, qui prévoit le déploiement de 250 000 tonnes de capacités de stockage frigorifique à travers le territoire national. Un premier magasin de stockage a déjà été réalisé à Ngomène, marquant le lancement opérationnel de ce programme structurant.

Avec un investissement estimé à 12 milliards de FCFA, l’entrepôt d’IFRIA Sénégal constitue une infrastructure stratégique pour l’ensemble des filières agroalimentaires. Il permettra de prolonger la durée de conservation des produits périssables, de réduire les pertes post-récolte, d’améliorer la qualité sanitaire des aliments et de renforcer la fluidité des flux logistiques entre les bassins de production, les industriels, les plateformes de distribution et les consommateurs.

Pour les enseignes de grande distribution, les grossistes et les acteurs de la transformation, le renforcement de la chaîne du froid représente également un levier essentiel pour sécuriser les approvisionnements, limiter les ruptures de stock et développer une offre plus régulière en produits locaux tout au long de l’année. Cette évolution contribue aussi à accroître la compétitivité des filières sénégalaises sur les marchés régionaux et internationaux.

À cette occasion, Mme Ndèye Yacine Gningue, directrice de Cabinet du Ministère de l’Industrie et du Commerce, a réaffirmé l’engagement du ministre Dr Serigne Gueye Diop à accompagner les investissements structurants en cohérence avec la Vision Sénégal 2050 et l’Agenda national de transformation.

La Direction générale et le Président-directeur général d’IFRIA Sénégal ont, pour leur part, salué l’accompagnement des différentes structures de l’État et annoncé un délai de 18 mois pour la réalisation de cette infrastructure.

En conclusion, le développement des infrastructures frigorifiques constitue aujourd’hui l’un des maillons les plus importants de la modernisation du commerce alimentaire au Sénégal. En réduisant les pertes post-récolte, ces investissements améliorent les revenus des producteurs, facilitent l’intégration des produits locaux dans les circuits de distribution modernes, renforcent la sécurité alimentaire et créent les conditions d’une logistique plus performante.

Toutefois, le succès de cette stratégie dépendra également du déploiement d’infrastructures similaires dans les principaux bassins de production, de la maîtrise des coûts énergétiques, de la formation des acteurs de la chaîne logistique et d’une meilleure coordination entre producteurs, transformateurs, logisticiens et distributeurs. C’est à cette condition que la chaîne du froid deviendra un véritable moteur de compétitivité et de souveraineté alimentaire pour le Sénégal.


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