Électrification rurale au Sénégal : le projet ASER–GAUFF 2 accélère l’accès à l’énergie et le développement des territoires

L’accès à l’électricité demeure l’un des principaux défis du développement en Afrique. Malgré les progrès réalisés ces dernières années, des millions de ménages ruraux vivent encore sans un accès fiable à l’énergie, limitant les possibilités de développement économique, la modernisation de l’agriculture, l’accès aux soins, à l’éducation et aux services numériques.

Au Sénégal, l’électrification rurale est devenue un enjeu stratégique pour réduire les inégalités territoriales et stimuler l’économie locale. Dans un contexte où la transition énergétique et les énergies renouvelables occupent une place croissante, les mini-réseaux solaires apparaissent comme une solution adaptée aux réalités des territoires les plus enclavés.

C’est dans cette dynamique que le Directeur général de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), M. Jean Michel Sène, a signé un contrat commercial avec GAUFF Engineering, marquant le lancement officiel de la deuxième phase du projet ASER–GAUFF. Cette nouvelle étape fait suite à la visite effectuée en juin dernier en Allemagne par le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au cours de laquelle il s’était entretenu avec Michael Fischer, Directeur général de GAUFF Engineering. Elle illustre la poursuite de la coopération sénégalo-allemande dans le domaine des infrastructures énergétiques.

Des ambitions renforcées pour les territoires ruraux

La deuxième phase du projet prévoit des investissements importants afin d’améliorer durablement l’accès à l’électricité dans les zones rurales. Les objectifs annoncés sont les suivants :

  • L’électrification d’au moins 753 nouveaux villages ;
  • L’installation de 183 mini-centrales solaires ;
  • Le raccordement des ménages avec la réalisation des installations électriques intérieures ;
  • L’affectation de près de 4 milliards de F CFA, soit 5 % du financement total, au développement d’activités génératrices de revenus afin de renforcer l’impact économique du projet.

Au-delà de l’accès à l’électricité, cette approche vise à faire de l’énergie un moteur de création d’emplois, de transformation agricole, de conservation des produits alimentaires et d’amélioration des conditions de vie des populations rurales.

Une première phase aux résultats supérieurs aux objectifs

Lancée en 2019 avec un objectif initial de 300 villages électrifiés, la première phase du projet s’est achevée en novembre 2025 avec des performances dépassant les prévisions.Le bilan fait état de :

  • 410 localités (villages et hameaux) électrifiées ;
  • 15 365 branchements résidentiels réalisés ;
  • 3 centres pédagogiques aménagés dans les lycées techniques de Thiès, Louga et Tambacounda ;
  • 890 jeunes formés, dont 277 femmes ;
  • 90 sites d’activités génératrices de revenus mis en service, comprenant des périmètres maraîchers, des plateformes multifonctionnelles, des chambres froides, des machines à glace et des systèmes de pompage solaire.

Ces réalisations démontrent que l’électrification rurale peut produire des effets bien au-delà de la fourniture d’électricité, en soutenant la formation professionnelle, l’entrepreneuriat local et la résilience économique des territoires.

Un levier pour la distribution et le développement durable

Pour le secteur de la distribution, l’amélioration de l’accès à l’énergie représente également un enjeu majeur. Une électricité fiable favorise le développement des chambres froides, réduit les pertes post-récolte, améliore la conservation des produits agricoles et halieutiques, facilite l’installation de commerces de proximité et renforce les chaînes d’approvisionnement dans les territoires ruraux. Elle constitue ainsi un facteur essentiel de sécurité alimentaire et d’intégration économique des zones rurales.

Au-delà de ses retombées immédiates, le projet ASER–GAUFF 2 s’inscrit pleinement dans la dynamique des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.

Il contribue directement à l’ODD 7 (Énergie propre et d’un coût abordable) en élargissant l’accès à une énergie moderne, à l’ODD 8 (Travail décent et croissance économique) grâce au soutien aux activités génératrices de revenus, à l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastructures) par le développement d’infrastructures énergétiques durables, ainsi qu’à l’ODD 10 (Réduction des inégalités) en améliorant les conditions de vie des populations rurales.

Pour Sen Retail, cette initiative illustre qu’un investissement dans les infrastructures énergétiques est également un investissement dans la transformation des systèmes alimentaires, le développement de la distribution moderne, la compétitivité des producteurs locaux et l’attractivité économique des territoires. En rapprochant l’énergie des populations, le Sénégal crée les conditions d’une croissance plus inclusive, plus résiliente et plus durable.


Content manager : Malick MBOUP, docteur en géographie et fondateur de la plateforme d’information et de sensibilisation des consommateurs Sen Retail

Source des informations et des images : Agence Sénégalaise d’électrification rurale


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