La CAN 2025 au Maroc : Un rendez-vous sportif et une vitrine des talents africains ?

La 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), aussi appelée Africa Cup of Nations (AFCON) 2025, se déroule du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc, réunissant 24 équipes nationales autour du trophée continental de football. Organisée sur le sol marocain pour la deuxième fois depuis 1988, cette compétition se veut un moment fort du football africain, mais aussi un événement symbolique pour valoriser les savoir-faire, les entreprises et les artisans du continent

Quand les tenues des équipes deviennent des vecteurs d’identité culturelle africaine

La CAN n’est pas seulement un événement sportif : elle est aussi une plateforme culturelle et économique majeure pour l’Afrique. À travers les matches, les villes, les supporters et les médias du monde entier, le tournoi met en lumière la richesse des cultures africaines. Dans ce cadre, la manière dont les équipes se présentent, notamment à travers leurs tenues officielles, devient un véritable message identitaire.

Dans une époque où les fédérations cherchent à refléter l’authenticité et les racines de leurs pays, les maillots et tenues des équipes peuvent jouer un rôle symbolique fort. Quand bien même les grandes marques internationales dominent souvent le marché, de plus en plus de fédérations explorent des collaborations avec des fabricants locaux ou africains, intégrant des motifs, des tissus ou des designs inspirés du patrimoine culturel. Cela permet non seulement d’affirmer une identité africaine sur la scène mondiale, mais aussi de promouvoir des savoir-faire indigènes dans des domaines comme le textile, la broderie ou le design (cf. ces photos ci-dessous de quelques équipes tirées des pages de leur fédération ou de la CAF).

Au-delà du football : la CAN 2025 comme moteur de l’économie locale et africaine

Au-delà des tenues, la CAN 2025 constitue une immense opportunité économique pour les entreprises locales, du tourisme à la production de biens et services. Les fans et délégations venus de toute l’Afrique consomment des produits locaux, séjournent dans des hôtels, fréquentent des restaurants et achètent des souvenirs, offrant ainsi un coup de projecteur considérable sur l’économie marocaine et africaine.

Par ailleurs, les événements annexes, tels que les zones de fans, les conférences et les activations culturelles, peuvent intégrer des entreprises locales dans des chaînes de valeur plus larges. Par exemple, les fournisseurs de restauration, de merchandising ou de services logistiques peuvent être choisis selon des critères d’achat responsable, favorisant des acteurs qui respectent l’environnement et utilisent des ressources locales. Cette approche contribue à créer une économie circulaire autour de l’événement, avec des bénéfices qui dépassent le simple cadre des matches.

Une compétition sous le signe de la technologie et de l’innovation

La CAN 2025 n’est pas seulement une vitrine du football : elle met aussi en avant des innovations technologiques. L’utilisation systématique de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) et d’outils avancés pour améliorer l’expérience des supporters et l’équité sportive souligne l’ambition de faire de cette édition une plateforme moderne et tournée vers l’avenir.

Ces innovations peuvent être l’occasion pour les entreprises africaines spécialisées dans la technologie, qu’il s’agisse de solutions de diffusion, d’applications mobiles ou d’outils d’analyse de données, de montrer leur expertise à un public continental et international.

La CAN 2025 permet au Maroc et à l’Afrique de renforcer leur soft power (c’est-à-dire leur capacité à rayonner au-delà des frontières sportives). Le tournoi a attiré l’attention des médias mondiaux, des diffuseurs internationaux et des sponsors, plaçant l’Afrique au centre de la scène footballistique pendant un mois entier.

Même si certains matches ont connu une affluence moindre aux premiers jours de la compétition, cela n’enlève rien à l’impact global de l’événement comme outil de promotion touristique, économique et culturelle. Chaque image diffusée, chaque supporter dans les gradins ou dans une médina marocaine devient une ambassade vivante du continent

Pourquoi pérenniser cette démarche ?

La CAN 2025 montre qu’un grand événement sportif peut être bien plus qu’une compétition : il peut devenir un moteur de développement économique, culturel et social. Pour que ces bénéfices soient durables, les institutions publiques africaines doivent encourager et institutionnaliser l’achat responsable et la valorisation des acteurs locaux dans tous les domaines liés au sport, à l’économie créative et à l’événementiel.

Cela implique :

  • De définir des politiques publiques favorables aux PME et aux artisans locaux, notamment dans les industries du textile, de la technologie, du tourisme et de l’artisanat ;
  • D’intégrer des critères d’achat responsable dans les cahiers des charges des fédérations sportives, des organisateurs d’événements et des gouvernements ;
  • De soutenir la formation et le renforcement des compétences locales, afin que les entreprises africaines puissent répondre aux exigences internationales ;
  • D’encourager des partenariats durables entre les grandes fédérations, les organisations sportives et les acteurs économiques africains.

En adoptant ces principes au-delà de la CAN, dans les Jeux africains, les Championnats régionaux, les salons culturels et les forums économiques, l’Afrique peut construire une économie plus résiliente, inclusive et tournée vers l’avenir. La CAN 2025 est une étape importante sur ce chemin ; l’enjeu est maintenant de maintenir et amplifier ces dynamiques positives dans les années à venir.

Tenues sportives et achats responsables : valoriser les savoir-faire africains à la CAN

Valoriser les savoir-faire locaux à travers les tenues

Imaginons les équipes africaines entrant sur le terrain avec des maillots qui intègrent des éléments d’artisanat traditionnel : motifs inspirés de l’art berbère, tissages des pagnes ou broderies locales. Ce type de création hybride, fruit d’une collaboration entre designers africains et artisans traditionnels, pourrait :

  • Renforcer le sentiment d’appartenance et de fierté pour les supporters locaux et la diaspora ;
  • Donner une visibilité internationale aux artisans africains, souvent marginalisés par les grandes chaînes de production globalisées ;
  • Créer des opportunités d’activité économique durable pour les PME locales spécialisées dans les textiles et l’artisanat.

Dans une logique d’achat responsable, cela signifie privilégier des circuits courts, des matériaux durables, des pratiques respectueuses de l’environnement et des conditions de travail équitables. Plutôt que de dépendre exclusivement de grandes marques internationales, certaines fédérations pourraient collaborer avec des ateliers locaux, injectant des ressources directement dans l’économie des pays africains concernés. Cette démarche respecte les valeurs de développement durable et de responsabilité sociale qui sont de plus en plus au centre des grandes compétitions sportives mondiales.


* Article de sensibilisation réalisé par Dr. Malick MBOUP


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